Les outils numériques investissent de nombreux secteurs d’activité et transforment la culture d’entreprise des employés. Les compétences demandées ne sont plus les mêmes, les attentes des entreprises et des employés en sortent modifiées. Nous vous proposons un éclairage sur ces sujets, à travers nos recherches et le témoignage de Laeticia Onassenko, DRH chez Cap Monétique.

COMMENT LE NUMÉRIQUE FAIT-IL ÉVOLUER LES MÉTIERS ?

Présentes dans tous les secteurs d’activité, les nouvelles technologies sont nécessaires à la réalisation des objectifs de chacun des salariés.
Aujourd’hui il est question de télémédecine, d’e-santé, le médecin procède à des consultations via webcam, le chirurgien opère à travers une caméra et à l’aide de robots, l’impression 3D révolutionne les greffes d’organe, etc. 
La santé est un bel exemple de la digitalisation mais d’autres métiers, pourtant bien loin des secteurs technologiques, sont eux aussi touchés par ce phénomène. La distribution s’équipe de caisses automatiques et de drive, les banques réalisent une majorité de transactions virtuelles, les ouvriers du bâtiment se connectent via leur tablette sur le BIM, Building Information Model, pour consulter la maquette et travailler en collaboration. Les compétences s’acquièrent en ligne par les FOAD (formations à distance).

Tous ces changements permettent un gain de temps et d’efficacité certain cependant, ils impliquent la maîtrise de nouveaux outils. Le numérique doit, en cela, entrer dans la culture d’entreprise. Mais qui partage cette dernière ? Qui peut aider les salariés à se former ? Qui représente l’entreprise dans une communication interne et externe ? Il s’agit bien sûr de la fonction RH. Cependant, c’est un travail délicat. Malgré l’utilisation permanente des outils numériques, les RH veillent à placer l’humain et l’épanouissement des employés au cœur de la stratégie de l’entreprise.

Source : Pixabay

Les nouveaux modes de recrutement

Il y a dans le monde des entreprises une injonction à développer sa présence en ligne. Il est vrai que lorsqu’un individu cherche des renseignements, il est plus aisé de faire appel aux moteurs de recherche. Un site web, des réseaux sociaux ou la présence sur des sites médiateurs de contenus s’avèrent donc essentiels ! D’ailleurs, un nombre croissant de candidats découvrent les offres d’emplois sur les plateformes de réseau social, la plus connue étant LinkedIn.

Le mode de recrutement s’est adapté aux pratiques du numérique. Il y a de moins en moins de CV et de lettre de motivation manuscrite. Parfois, tout se fait sur les réseaux sociaux. Les profils Twitter et LinkedIn par exemple sont examinés par les recruteurs, à la recherche de compétences cachées dans ces pages. Les RH sont en quête de “talents”, ils soulignent l’importance des “soft skills plutôt que des compétences techniques.

Nos critères de recrutement sont principalement l’envie et la motivation du candidat au poste, pas forcément son savoir-faire mais davantage son savoir être.
Laeticia Onassenko
DRH chez Cap Monétique

Des méthodes plus originales apparaissent dans les modes de recrutement. Pôle Emploi a testé la réalité virtuelle pour des simulations de poste autour du métier d’employé polyvalent libre-service chez Carrefour. Le candidat est alors immergé dans une situation de travail, et peut expérimenter les divers aspects du métier. 

Développer la culture numérique

Dans la transformation digitale, la fonction RH doit donner l’impulsion à l’entreprise. Plusieurs solutions numériques se mettent alors en place telles que les réseaux sociaux externes et internes, les portails RH tels que le SIRH et même des chatbots RH, mais ces derniers sont très peu répandus.

LE SIRH

Le SIRH est une solution logicielle de gestion des ressources humaines. L’interface regroupe plusieurs logiciels afin d’accompagner la fonction RH dans la gestion administrative, la gestion de la paie, des connaissances, de la formation, de la rémunération, du reporting (tableaux de bord) et du recrutement. Le portail RH donne accès à l’ensemble des employés, où qu’ils soient, aux informations qui les concernent et leur donnent également la possibilité de communiquer entre eux.

Le but des RH n’est pas d’imposer ces pratiques numériques, mais de développer l’appétence au digital. Une bonne maîtrise de ces outils permet en effet d’automatiser de nombreuses tâches et ainsi, de libérer du temps aux salariés pour se concentrer sur le cœur de leur métier. Il est donc nécessaire pour la fonction RH d’anticiper les difficultés pouvant être rencontrées par les employés.

On essaie de détecter les besoins pour construire des formations sur-mesure.
Laeticia Onassenko
DRH chez Cap Monétique

Les réseaux sociaux professionnels externes ont une forte influence sur l’image de l’entreprise. Les profils professionnels des recruteurs et les canaux de recrutement doivent donner envie aux candidats d’intégrer l’entreprise. Cependant, les salariés restent les sources les plus fiables pour les internautes qui cherchent des avis authentiques et non des messages d’entreprise. Ces salariés deviennent de véritables ambassadeurs de l’entreprise (concept d’Employee Advocacy). La culture des réseaux sociaux est donc une question pertinente à développer d’un point de vue stratégique.

D’ailleurs, au sein même de l’entreprise, les réseaux sociaux internes peuvent faciliter la communication entre les différents services ou départements. Ainsi, chacun peut apprendre de l’autre et cela, peu importe sa place dans la hiérarchie de l’entreprise. Chaque employé est collaborateur et potentiel initiateur d’idée au sein d’un projet.

Cette collaboration nous fait grandir également, il y a un partage de savoir.
Laeticia Onassenko
DRH chez Cap Monétique

La transformation digitale nourrit et est nourrie par la fonction RH dans l’entreprise. De même, les liens entre les employés peuvent être renforcés. Ceux-ci ont en effet plus de disponibilités grâce à l’automatisation d’une partie de leur activité et l’accès à de nouveau outils de communication et de collaboration.

Laeticia Onassenko chez Cap Monétique 

Cap monétique est un groupe d’entreprises dont les activités tournent autour des cartes de paiement multi-services. Laeticia Onassenko nous explique qu’en tant qu’entreprise des milieux numériques, il est indispensable de surveiller les avancées technologiques pour ne pas perdre son positionnement dans le secteur.

“Dans le numérique, on est obligé d’avancer !“

Au sein de Cap Monétique, certains, curieux par nature, s’approprient facilement les nouvelles technologies. Ils sont déjà intéressés par ces outils et n’hésitent pas à faire partager leurs connaissances à leurs collègues.

“De manière générale tout le monde pourrait être connecté et tout le monde est demandeur, il n’y a pas de cas isolé.“