Ça y est ! La presse en ligne a devancé le papier. Nos nouveaux comportements de lecture ont profondément modifié les modèles économiques, obligeant les titres traditionnels à se remettre en question. Ce changement de paradigme met en lumière un nouveau métier, celui de journaliste web. Mais au fait, est-ce un vrai journaliste ?
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Depuis 2016, en France, la lecture de la presse numérique (53 %) devance celle de la presse papier (47 %)*. C’est un changement historique du mode de consultation. La lecture de la presse est une pratique ancrée dans la culture des français, 97,7 % d’entre eux, (50,9 millions d’individus) affirment lire la presse chaque mois tous supports confondus (papier, ordinateur, mobile, tablette). 

Cependant, les modes de lecture changent et 74 % lisent au moins un titre de presse en version numérique. La croissance des achats d’appareils numériques depuis les années 2000 contribue à l’évolution de la presse en ligne. Les titres de presse ont ainsi dû développer sites web et applications pour s’adapter aux nouveaux usages des consommateurs et leur fréquentation ne cesse de croître. En terme d’audience mensuelle les classements varient en fonction des supports numériques sur lesquels ils sont lu (ordinateur, mobile et tablette).

*D’après le résultat de l’étude One Global de l’ACPM (l’Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias), l’association chargée de mesurer l’audience de la presse.

Prix mensuel moyen des abonnements sur le web en France (en euros)

Les modèles économiques de la presse en ligne.

Face au développement croissant des sites web et applications, la presse numérique repense ses stratégies pour faire payer les lecteurs en se tournant vers des modèles de rémunération.

Il existe 4 modèles économiques utilisés par la presse en ligne : l’accès libre (gratuit), le freemium (une partie est accessible gratuitement et des contenus sont réservés aux abonnés), le metered paywall (les lecteurs ont accès à un nombre limité d’articles et doivent s’abonner pour en lire davantage) et le hard paywall (contenu intégralement payant).

Une étude* du Reuters Institute réalisée sur 6 pays européens constate que 66 % des journaux et 71 % des hebdomadaires et magazines d’information utilisent un modèle payant sur leur site web. La quasi-totalité des médias d’information offrent un accès gratuit à une partie de leur contenu numérique et fonctionnent principalement grâce aux revenus de la publicité. Et dans le pays 95 % des journaux et magazines ont choisi un modèle payant (Mediapart étant le seul média français à avoir choisi un modèle hard paywall).  

En France, le prix mensuel moyen des abonnements sur le web s’élève à 13,97 €. Des titres comme Le Monde, Le Figaro ou Ouest-France ont fait le pari du freemium et d’autres comme Le Parisien ou Libération misent sur le metered paywall. Pour inciter les internautes à s’abonner à leur journal numérique chacun met en place des techniques, la plus populaire est celle consistant à publier un article laissant paraître 10 à 35 % du contenu en accès libre puis soumettre une obligation d’abonnement au lecteur pour lire le texte dans son intégralité.

Avec le changement de mode de lecture de la presse papier vers la presse numérique aux cours de ces dernières années on observe une évolution des modèles de rémunération. 

Infographie réalisée par Enzo Habrial

L' INTERVIEW

Nicolas, journaliste web de Presse-Océan a répondu à nos questions sur le quotidien de son métier et son parcours. Découvrez notre interview sur le métier de journaliste web :

En quoi consiste votre métier ? 

« Je suis journaliste Web à la rédaction numérique de Presse-Océan, mon travail consiste à rapporter aux internautes, de manière claire et concise, l’actualité du littoral atlantique. Ainsi, je veux surtout assurer la pérennité d’une information vérifiée et permettre à nos internautes d’avoir les clés nécessaires pour comprendre l’actualité. »

Y'a-t-il des qualités particulières pour exercer le métier de journaliste web ?     

« Il faut de la rigueur, du sérieux, et de la volonté. On ne peut pas se permettre de rapporter des informations fausses ou imprécises. Il faut aussi être éclectique et s’intéresser à tout… Une fibre littéraire est vraiment recommandée, ainsi qu’une bonne orthographe cela va de soi. Les images comptent pour beaucoup, c’est pour cela que le journaliste doit pouvoir être multi-tâche, et s’occuper aussi de la communication, des photos, du marketing, de la gestion digitale… Il faut aussi être investi dans son travail, aimer suivre l’actualité ! »

Comment se passe une semaine type ?

L’information est nébuleuse, elle fluctue, c’est pourquoi le journaliste doit constamment garder un œil dessus. Nous oscillons entre « temps-morts » et « information en cascades » (qui sont des termes récurrents dans le milieu). Parfois on me propose un sujet à traiter, sur l’actualité régionale du moment, il s’agit souvent de sujets traités chez nos confrères de Ouest-France ou le Courrier de l’Ouest. Il peut s’agir aussi de contenu audio que l’on va publier sur le site dans un article plus complet et étoffé. Je me documente un peu de partout, et passe très fréquemment des coups de fil pour récupérer l’info’. Dans ces situations nous avons à faire à des conférences de rédaction où chacun propose au rédacteur en chef des angles pour aborder le sujet. En somme, on retrouve beaucoup de choses dans le métier de journaliste : de l’interview à la vérification de l’info, l’actualité perdure et se prolifère.

Quel a été votre parcours avant de devenir journaliste web ?

J’ai fait un Bac ES, qui m’a permis de comprendre les enjeux socio-économiques du monde moderne. Beaucoup de mes collègues sont passés par la filière L, donc, finalement, il n’y a pas un diplôme type qui est nécessaire pour devenir journaliste. Je suis ensuite passé par l’ESJ de Lille, une école de journalisme post bac assez sélective, où je suis resté 3 ans. Pendant mon cursus j’ai suivi des cours théoriques et pratiques renforcés par de nombreux stages… 3 stages en 3 ans. Les écoles que je recommande sont plutôt prestigieuses mais elles offrent une formation de journaliste de qualité : l’école que j’ai moi-même fréquenté (ESJ Lille), le Celsa et le CFJ Paris.

En tant que journaliste web, allez-vous souvent sur le terrain ou le métier se cantonne-t-il à l'aspect numérique ?

À Presse-Océan nous nous appuyons sur le fait qu’il y a beaucoup de reportages sur le terrain. En revanche, je suis passé par L’Echo d’Ancenis où j’ai participé au lancement d’une rubrique appelée l’Echo du Sport qui traite de l’actualité sportive de manière décalée, le côté people et les coulisses du sport local. J’ai pu faire pas mal de reportages chez eux, ce qui m’a donné une première expérience en la matière. »

Un conseil que vous aimeriez donner à un jeune de notre département Information-Communication qui voudrait devenir journaliste web ?

Le métier de journaliste web, c’est une vocation ! Je ne pense pas qu’on puisse être journaliste juste pour être carriériste. Il faut vraiment aimer l’actualité et voir le journalisme comme une passion. Il faut s’accrocher et surtout donner le maximum quand on est en stage. Il faut aussi se dire que dès qu’il y a de nombreux chemins différents qui mènent au journalisme. Personnellement, c’est grâce à mon stage de pigiste chez le Nouvel Obs, que j’ai créé un réseau de contact important. Et deux mois plus tard j’étais embauché chez Presse-Océan.

En tant que journaliste web, allez-vous souvent sur le terrain ou le métier se cantonne-t-il à l'aspect numérique ?

À Presse-Océan nous nous appuyons sur le fait qu’il y a beaucoup de reportages sur le terrain. En revanche, je suis passé par L’Echo d’Ancenis où j’ai participé au lancement d’une rubrique appelée l’Echo du Sport qui traite de l’actualité sportive de manière décalée, le côté people et les coulisses du sport local. J’ai pu faire pas mal de reportages chez eux, ce qui m’a donné une première expérience en la matière.

Catégories : Le numérique de demain