Notre pratique quotidienne des outils numériques génère une surconsommation d’énergie qui a un impact négatif sur l’environnement. En a-t-on toujours conscience ? Quelles en sont les conséquences ? Et comment y remédier ?

IMPACT DU NUMÉRIQUE SUR L'ENVIRONNEMENT

Le numérique possède de nombreux impacts négatifs sur l’environnement : notre utilisation, de plus en plus fréquente, d’outils et de fonctionnalités numériques, les renforçant. Cependant, leur développement s’était avant tout construit autour de la préservation des ressources environnementales : le numérique contre le physique.

On entend très souvent parler de cette énergie verte qui viendrait contrebalancer l’utilisation des énergies fossiles. La déforestation est une réalité connue et le recyclage est maintenant entré dans nos pratiques sociétales. Le développement d’internet ne se concrétise pas uniquement de manière immatérielle.

De la construction de data centers, abritant un nombre important de serveurs, jusqu’à l’étirement des câbles pour relier les terminaux entre eux, le déploiement du numérique a un coût tant financier qu’environnemental. En effet, les infrastructures produisent énormément de chaleur et rejettent des gaz à effet de serre. Le matériel est construit grâce à des ressources rares et toxiques selon des procédés coûteux. Ces impacts sont également liés à notre utilisation, nos pratiques et nos comportements avec le numérique. Le déploiement de serveurs répond à une demande croissante de stockage de données. Ainsi, un Français, pour ses usages numériques, consomme en moyenne par an 346 kWh d’énergie et 2 924 litres d’eau et émet 203 kg de gaz à effet de serre.

En parallèle de cette dépense énergétique, nous sommes également dans une pratique consumériste du matériel. Au lieu de réparer nos pièces et équipements abîmés, nous nous contentons de les jeter et d’en acheter de nouveaux. Cette pratique alimente d’immenses décharges informatiques.

DES SOLUTIONS ÉCO-RESPONSABLES EXISTENT-ELLES ?

La délocalisation des data-centers vers des pays froids est parfois présentée comme une solution pertinente. En réalité, la mesure est à envisager avec recul. Leur climat est certes attractif mais leur fiscalité l’est encore plus.

Au lieu de s’exiler, les entreprises pourraient par exemple envisager :

  • L’allongement de la durée de vie des matériaux en favorisant le réemploi
  • La réduction des volumes d’impressions et le choix d’un papier labellisé FSC ou Blue Angel
  • L’utilisation d’une électricité fabriquée à partir d’une énergie primaire renouvelable.

Ce sont des pratiques peu coûteuses à mettre en place. De plus, elles restent simples et rapides et amènent une réduction de 10 à 20 % des émissions de gaz à effet de serre.


Obsolescence programmée

Cette pratique pose de fortes problématiques environnementales. On peut même la qualifier de stratégie, mise en place par certains constructeurs et industriels , visant à réduire la durée de vie d’un produit.

Ce procédé est aussi bien technique que psychologique, son but étant de pousser le consommateur à acheter un nouveau produit alors que le précédent fonctionne toujours. Ce concept est justifié en général par la forte accélération de l’innovation technologique. Cependant, de nombreuses critiques sont émises à ce sujet. En effet cette stratégie est souvent attenante aux limites légales de la fiabilité d’un produit et de l’escroquerie.

QUELS SONT LES BONS GESTES POUR LIMITER LES DÉGÂTS ?

Que ce soit en entreprise ou chez soi, on a tous adopté de mauvaises habitudes écologiques qu’il est simple de corriger.

  • Faire durer ses équipements

Il est normal pour tout le monde de changer de smartphone dès que celui-ci devient un peu ancien, alors qu’il fonctionne encore. Si on en prend soin, et qu’on les répare au lieu de les jeter en cas de panne, cela limitera le nombre de changement de matériel. Pensez également à le revendre pour une seconde vie.

  • Limiter les consommations d'énergie

Si le temps d’inactivité de votre appareil dépasse une heure, mieux vaut l’éteindre et le débrancher. Il faut également limiter le nombre de programmes ou d’onglets ouverts, qui consomment énormément. Désactiver le wifi, le bluetooth et le gps sur son téléphone économise également, le mode avion encore plus! Il existe même un mode économie d’énergie.

  • Recycler, c’est impératif !

La plupart des matériaux utilisés dans les équipements numériques sont réutilisables et recyclables, il est donc important de les recycler. Certains sont dangereux pour la santé et l’environnement, il faut donc les traiter en conséquence.

  • S’équiper léger

Pas besoin d’avoir tous les équipements qui existent si on ne s’en sert pas. Il existe également des appareils économes, porteurs de logos environnementaux.

  • Optimiser les impressions

Le développement du numérique n’a pas diminué le nombre d’impression et donc la consommation de papier. Imprimer seulement quand c’est nécessaire, évitez les impressions couleurs et utilisez du papier porteur de l‘Écolabel.

  • Changer son utilisation d’internet

Sur le web, rentrer directement l’adresse d’un site permet de ne pas passer par les data center.
Pour les mails, ne pas mettre un grand nombre de personne en copie inutilement constitue également une économie et évite plus de pollution.

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