En 20 ans, la compagnie Alphabet s’est accaparé le monopole du marché des moteurs de recherche et étendu sur bien d’autres domaines. Le géant Google est devenu si grand que sa toute puissance et son modèle sont remis en question.

DÉGOOGLISER ?

Infographie présentant les chiffres clés de Google

Le monopole de Google

Depuis quelques mois, les appels à démanteler les géants de la tech comme Alphabet abondent. En avril 2017, le New York Times, par la voix de Jonathan Taplin, producteur et professeur à l’université de Californie du Sud, a lancé les hostilités en s’interrogeant sur le démantèlement de Google. Trois mois plus tard, le Parti démocrate a adopté, en vue des élections législatives de mi-mandat, la plateforme Better Deal qui s’attaque en priorité à l’abolition des monopoles .

Rappelons que si Google domine largement le marché de la recherche en ligne, il n’en a pas l’exclusivité, comme ne manquent pas de le rappeler les défenseurs de l’entreprise. À la différence des monopoles classiques, qui étranglent leurs consommateurs en fixant des prix très élevés, Google est en apparence un gentil monopole puisque tout est fourni “gratuitement“.

Sous couvert de simplification, Google a fusionné en 2012 l’ensemble des règles de confidentialité pour 70 services, sites et logiciels différents. Ainsi, d’après la Commission Nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), cela “l’autorise par exemple à afficher sur YouTube des publicités liées à l’activité de l’utilisateur sur son téléphone Android et à sa localisation“.

La particularité de Google est d’avoir développé une stratégie d’intégration verticale ce qui a renforcé son monopole. En effet, le moteur de recherche est à la fois :

  • Un éditeur de systèmes d’exploitation (Android et Chrome)
  • Un intermédiaire (Google Search, Google News, etc.)
  • Une plateforme de contenus (YouTube)
  • Une plateforme de contenus structurants (Google Maps)

Google se développe également en finançant sa propre innovation et Google X déploie des efforts d’ampleur inégalée en R&D. Cette course à la diversification a valu à Larry Page des débats récurrents avec l’ex-patron d’Apple,  qui expliquait en 2014 : « Steve Jobs me disait : “Vous faites trop de choses.” Je répondais : “Vous n’en faites pas assez.” »

Big Mother is watching you !

Aujourd’hui, peu d’internautes ignorent encore les méthodes de tracking employées par Google (et beaucoup d’autres) pour leur proposer de la publicité ciblée. Certains s’en détournent pour lui préférer des moteurs alternatifs qui n’utilisent pas les données pour référencer, toutefois, ils sont minoritaires.  “Pourquoi accepter d’un moteur de recherche ce que vous n’acceptez pas dans la vie ?“, lance dans un spot anti-Google le moteur de recherche français Qwant, qui revendique en Europe 32 millions d’utilisateurs.

Google n’est pas le web, beaucoup de personnes ont tendance à penser que “Google = Internet”, mais le géant américain est simplement un moteur de recherche parmi d’autres. Ce dernier est d’ailleurs critiqué pour vendre les données personnelles des internautes à des entreprises comme Amazon. Certains parlent même d’un contrôle de la vie privée numérique.

“Si vous ne trouvez pas une info sur Google, vous vous dites que l’info n’existe pas. Et si vous ne la trouvez pas sur un autre moteur, vous vous dites que celui-ci fait mal son travail“, déplore Clément Le Bras, créateur du moteur de recherche Lilo. Et pour cause, comment imaginer naviguer sans passer par le moteur multicolore, confortable et rassurant.

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